Ronflement et apnée du sommeil

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En plus d’être gênants pour le conjoint, les ronflements peuvent être le symptôme d’une altération de l’état de santé qu’il convient de repérer et de soigner. L’apnée du sommeil est par exemple un trouble grave pouvant causer des ronflements.

Zoom sur les liens existant entre ces nuisances sonores et l’apnée du sommeil.

Qu'est-ce que l'apnée du sommeil ?

L’apnée du sommeil est caractérisée par des arrêts involontaires de la respiration pendant le sommeil. Ces arrêts d'air :

  • durent moins de 10 secondes et se répètent durant la nuit ;
  • entraînent un défaut d’oxygénation de l’organisme ;
  • provoquent ainsi une asphyxie progressive entraînant des micro-éveils.

La personne faisant des apnées du sommeil ne s’en rend pas compte, mais quelques signes peuvent tout de même alerter : maux de tête, fatigue, irritabilité, ronflement fort.

Dans ces cas-là, il est recommandé de consulter un médecin qui pourra établir un diagnostic précis.

Bon à savoir : avant 60 ans, les hommes sont les plus concernés. Après 60 ans, hommes et femmes peuvent être touchés de manière équivalente.

Causes du ronflement

Le ronflement est un son irritant se produisant le plus souvent lors de l’inspiration. Lors du passage de l’air, les tissus mous de la luette et du palais se mettent à vibrer, produisant le fameux son du ronflement.

En provoquant un rétrécissement au niveau des voies respiratoires, certains facteurs causent des ronflements : le surpoids (70 % des patients), des amygdales trop volumineuses, des anomalies maxillo-faciales, l’apnée obstructive du sommeil.

D'autres facteurs peuvent être à l’origine de ronflements, notamment :

  • un rhume ou une allergie provoquant une congestion nasale et entraînant une respiration par la bouche ;
  • le relâchement des tissus lié au vieillissement naturel.

Ronflement : un symptôme de l’apnée du sommeil

L’apnée du sommeil provoque systématiquement des ronflements puissants, qui s'arrêtent lors des pauses respiratoires, mais qui reprennent de plus belle ensuite.

Les apnées obstructives du sommeil sont les plus fréquentes : les voies aériennes sont gênées, l’air a des difficultés à entrer et à atteindre les poumons. Le ronflement, justement favorisé par l’obstruction des voies respiratoires, est donc un parfait signal d’alarme, d’autant plus lorsque les ronflements sont accentués par rapport à d’habitude.

Plus le ronflement est fort, plus il y a de risques qu’il soit accompagné d’apnée du sommeil. Ainsi les ronfleurs majeurs, dont les ronflements peuvent dépasser les 95 décibels (bruit correspondant au passage d’un camion), sont particulièrement susceptibles de faire des apnées du sommeil.

À noter : on estime que 3 % des ronfleurs souffrent d’apnée du sommeil.

Bien souvent, d'autres facteurs de risque peuvent faire évoquer un syndrome d’apnées obstructives du sommeil, parmi lesquels le sexe masculin et le fait d'avoir un indice de masse corporelle élevé mais également la présence d'un diabète, d'une hypertension ou encore des plaques artérielles (détectées par échographie).

Source : Bauters FA et coll. Phenotype and RiskBurden of SleepApnea: A Population-BasedCohortStudy. Hypertension. 2019 ;c74(4):1052-1062. doi: 10.1161/HYPERTENSIONAHA.119.13452.

Traitement de l’apnée du sommeil pour venir à bout des ronflements

Parmi les moyens de traiter les apnées du sommeil et donc de stopper les ronflements, sachant que le patient doit être associé au choix du traitement, citons :

  • La ventilation spontanée en pression positive continue : elle maintient la gorge ouverte et délivre une pression suffisamment forte pour éviter que les voies respiratoires ne se ferment (elle peut même être indiquée chez les plus jeunes pendant quelques mois). Toutefois, on sait que près de la moitié des patients arrête le traitement dans les trois ans (des applis mobiles de coaching améliorent l'observance du traitement).
  • L’orthèse d’avancée mandibulaire : elle propulse la mandibule (mâchoire inférieure) et la langue vers l'avant afin de diminuer l'obstruction et de laisser l'air mieux circuler au niveau du pharynx (elles sont remboursées chez les patients présentant des ronflements sévères et quotidiens).
  • Les radiofréquences : elles permettent de rétrécir le tissu dans la gorge et la langue, en chauffant l’intérieur de ces tissus.
  • La chirurgie : elle permet d’enlever ou au moins de réduire les obstacles situés dans les voies aériennes. Notons que cette opération chirurgicale est plus efficace pour les ronflements que pour les apnées.
  • L'aromathérapie propose de soulager les ronflements avec de l'huile essentielle de marjolaine à coquilles, qui agit comme relaxant et anti-stress et qui participe également au désencombrement des voies respiratoires. Concrètement, déposez deux gouttes sur un mouchoir près de l'oreiller et renouvelez chaque soir au coucher. On peut aussi l'utiliser en diffusion atmosphérique à raison de 10 gouttes dans un diffuseur adapté.

Chez les enfants, la prise en charge, pluridisciplinaire, peut inclure une rééducation de la respiration, de la déglutition (arrêt de la tétine à un an et demi et du biberon avant deux ans) et de la mastication (alimentation non transformée). En cas d'allergie, un traitement est indispensable avec si besoin une désensibilisation et des mesures de prévention de l’exposition aux acariens, aux moisissures (ainsi qu'au tabagisme passif).

Pour approfondir le sujet :

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